Allaitement

À la fin de la puberté, le sein est un organe encore immature, constitué d’un réseau de canaux non-fonctionnels. Pendant la grossesse, deux phénomènes achèvent le développement du sein :

  • La mammogénèse : les canaux collecteurs s’allongent et se ramifient.
  • La lactogénèse mise en place des éléments nécessaires à la synthèse des constituants du lait.

Après l’accouchement, la chute brutale des taux d’œstradiol et de progestérone stimule la sécrétion d’une hormone : la prolactine. La lactation s’installe en deux à trois jours : c’est la montée laiteuse. Les seins gonflent, deviennent tendus et sensibles, la femme peut présenter une fébricule passagère à 38°C.

L’entretien de la lactation est assuré par les tétées, la stimulation du mamelon lors de la tétée provoque l’augmentation de 2 hormones :

  • La prolactine qui active la synthèse et la sécrétion des constituants du lait,
  • et l’ocytovine qui favorise l’éjection du lait.

Bénéfices de l’allaitement maternel

Le lait a une double fonction, nutritive et immunologique.
Les deux ou trois premiers jours, la sécrétion lactée est peu abondante, pauvre en éléments nutritifs mais très riche en immunoglobulines : c’est le colostrum
L’allaitement maternel a trois avantages démontrés :

  • immunologique : il diminue la fréquence de certaines infections, notamment digestives ;
  • psychologique : c’est un élément très positif de la relation entre la mère et le nouveau-né ;
  • économique : son coût est nettement moins élevé que celui de l’allaitement artificiel.

Le lait est une substance spécifique d’espèce. Le lait de femme diffère notamment du lait de vache par sa teneur et sa composition en protéines : Il est plus pauvre en caséines, d’où sa couleur translucide. En revanche, il est beaucoup plus riche en protéines non-nutritives, et notamment en lactoferrine, immunoglobulines et lysozyme. Il est donc un peu moins énergétique mais beaucoup plus adapté à la protection d’un nouveau-né dont le système immunitaire est plus immature que celui des autres mammifères.
Son seul inconvénient est une pauvreté en vitamine D, d’où l’intérêt d’une supplémentation systématique.

Contre indications de l’allaitement

Les contre-indications médicales à l’allaitement maternel sont très rares :

  • Galactosémie ongénitale,
  • séropositivité VIH
  • Certaines maladies contagieuses.
  • psychose,
  • prise de médicaments toxiques .
  • En fait, la principale contre-indication est le non-désir d’allaiter qu’il faut savoir respecter.

Conseils pour l’allaitement

  • Mise au sein immédiate, en salle de travail : le colostrum est très riche en immunoglobulines et la tétée favorise la montée laiteuse.
  • Allaitement souple (avec horaires libres) qui se juge plus sur le regard et le comportement de l’enfant que sur la courbe de poids. Il faut en général une tétée toutes les 2 à 3 heures au début. Leur espacement progressif sera guidé par le nouveau-né.
  • Pendant les tétées : installation confortable, la bouche du nouveau-né doit prendre largement l’aréole et non le seul mamelon, donner les deux seins à chaque tétée.
  • Hygiène de vie : boissons abondantes, alimentation variée et riche en protéines et en calcium, prohiber tabac, alcool et excitants (café, thé), lavage quotidien des seins à l’eau et au savon, protéger les mamelons avec une compresse sèche pour éviter la macération.

Complications de l’allaitement

Engorgement mammaire

  • Diagnostic : fébricule à 38°C ; douleurs mammaires bilatérales ; seins durs, tendus, très douloureux.
  • Conduite à tenir : douches chaudes sur les seins, massage, pansements antiphlogistiques, éventuellement, injection IM de 2 unités de Syntocinon* avant la tétée.

Crevasses du mamelon

Elles sont favorisées par une technique d’allaitement incorrecte.

  • Diagnostic : douleurs du mamelon, rendant la tétée très douloureuse ; absence de fièvre ; érosions superficielles à l’inspection du mamelon.
  • Conduite à tenir : nettoyer et sécher le mamelon après chaque tétée ; application de crèmes grasses ou cicatrisantes ; réexpliquer les modalités de l’allaitement pour éviter la récidive.

Lymphangite mammaire

C’est une inflammation du réseau lymphatique, souvent favorisée par des crevasses. Correctement traitée, elle guérit en 24 à 48 heures.

  • Diagnostic : accident précoce, souvent 5 à 10 jours après l’accouchement, début brutal, d’un jour à l’autre, fièvre élevée à 39-40°C avec frissons, placard rouge, chaud, douloureux de la face externe du sein avec traînée rosâtre vers l’aisselle douloureuse ; le lait recueilli sur un coton est propre, sans trace de pus.
  • Conduite à tenir : L’allaitement peut être poursuivi, mais il est important de bien vider le sein après chaque tétée. On peut éventuellement s’aider d’un tire-lait jusqu’à la guérison. Aspirine ou Anti-Inflammatoires. Pansements antiphlogistiques (type Osmogel*). L’antibiothérapie est controversée.

Galactophorite

  • Diagnostic : accident plus tardif, au moins 10-15 jours après l’accouchement, début progressif, sur plusieurs jours, fièvre modérée à 38-38,5°C, douleurs de l’ensemble du sein, qui est plus ferme que l’autre, le lait recueilli sur un coton est mélangé à du pus.
  • Conduite à tenir : Suspension de l’allaitement avec le sein douloureux. Le lait doit être tiré et jeté jusqu’à la guérison. Antibiothérapie per os, active sur le staphylocoque. Anti-inflammatoires.

Abcès du sein

Devenu rare, il est tardif et complique une galactophorite négligée.

  • Diagnostic : début par un tableau de galactophorite. Puis majoration des douleurs et fièvre élevée, parfois oscillante. À l’examen, le sein est volumineux, rouge, tendu, très douloureux.
  • Conduite à tenir : Le traitement est chirurgical : incision drainage, suivi d’une antibiothérapie. L’allaitement doit être arrêté.
  • Arrêt de l’allaitement

    Il faut distinguer :

    • L’arrêt tardif de l’allaitement (plus d’un mois après l’accouchement).
      Il ne nécessite aucun support médical. Il suffit d’espacer les tétées en passant par une phase d’allaitement mixte.
    • L’inhibition de l’allaitement (juste après l’accouchement) ou un arrêt précoce (moins d’un mois après l’accouchement).
      Il nécessite des moyens médicaux (risque d’engorgement mammaire en l’absence de tétées).
    • On utilise un agoniste dopaminergique qui inhibe la sécrétion de prolactine.
      En l’absence de contre indication, Bromocriptine (Parlodel*, Bromo-kin*) : 2 comprimés par jour pendant 2 à 3 semaines après un début progressif.
      Effets secondaires possibles : nausées, vertiges, céphalées

    A propos du docteur Jonathan Ouahba

    Le Docteur Jonathan OUAHBA est gynécologue – obstétricien, inscrit au conseil de l’ordre des médecins de la ville de paris (identifiant RPPS : 10001596955).

    Pour contacter le Docteur Jonathan Ouahba, remplissez tous les champs du formulaire suivant, vous recevrez une réponse dans les 48 heures.




    mis à jour le 19/05/2012