Prévention de l’infection materno-foetale

L’infection maternofoetale est une infection bactérienne du nouveau né, résultant d’une transmission maternofoetale, qui se produit en période périnatale et qui s’exprime dans les premières minutes, dans les premiers jours ou parfois même dans les premières semaines de vie.

La prévention des infections néonatales constitue un enjeu majeur de santé publique du fait de la gravité et de la fréquence des séquelles néonatales possibles en particulier pulmonaires et neurologiques. La prévention de l’infection maternofoetale a fait l’objet de nombreuses recommandations depuis une dizaine d’années.

Quels sont les modes de transmission une infection materno-foetale ?

Il existe 4 voies de contamination :

  • Transmission transmembranaire ascendante (fréquent)
  • Transmission au passage dans la filière génitale (fréquent)
  • Transmission à partir d’un foyer d’endométrite (rare)
  • Transmission par voie hématogène transplacentaire (rare)

En France, l’infection materno-foetale à Streptocoque B représente 3,4/1000 naissances vivantes, l’IMF à Escherichia Coli, 2,1/1000 naissances vivantes et les infections materno-foetales à d’autres germes sont au nombre de1,8/1000 naissances vivantes.

Quels sont les principaux germes en cause ?

Le Streptococcus agalactiae ou streptocoque B

C’est un germe commensal de l’intestin, du vagin, du périnée et des voies respiratoires. Son portage génital est fréquent il est retrouvé chez 10 à 30 % des femmes enceintes. Le streptocoque B peut provoquer un travail prématuré, une chorioamniotite, une endométrite du post-partum, une infection de paroi voir même une septicémie. C’est le principal germe mis en cause dans les infections maternofoetales.

L’Escherichia Coli

Il s’agit d’un germe normalement présent dans le tube digestif. Le sérotype K1 est responsable de 60-85% des méningites néonatales et de 50% des septicémies à E. Coli. Son portage génital entraîne une infection maternofœtale dans 1% des cas. Ce germe est résistant à l’ampicilline dans 53 à 75 % des cas.

Quand doit- on réaliser un prélèvement vaginal pendant la grossesse ?

  • Systématique en début de grossesse si antécédent d’accouchement prématuré (recherche d’une vaginose bactérienne)
  • En cas de vulvo-vaginite
  • En cas de menace d’accouchement prématuré, de rupture prématurée des membranes ou de suspicion de chorioamniotite.
  • Entre 34 et 38 SA

Quelle conduitetenir en cas de prélèvement vaginal positif ?

  • Vaginose bactérienne : Métronidazole per os puis contrôles trimestriels
  • Isolement d’un streptocoque B, d’un E. Coli K1 ou d’autres bactéries d’origine intestinale ou oropharyngée: pas de traitement en dehors des situations à risque d’accouchement imminent.
  • En cas de chorioamniotite ou de rupture prématurée des membranes: antibiothérapie adaptée à l’antibiogramme.
  • Pas de traitement des patientes asymptomatiques porteuses de streptocoque B à distance de l’accouchement.

Quel est l’intéret d’un dépistage systématique du Streptocoque B ?

L’intérêt du dépistage systématique du portage génital du streptocoque B est expliqué par :

  • La fréquence du portage génital, supérieure à 10 % des femmes enceintes
  • Les conséquences potentiellement graves de ce germe: chorioamniotite, infections maternofœtales , endométrite du post-partum.
  • L’efficacité de l’antibiothérapie perpartum qui permet une diminution de 75 % du risque néonatal ainsi qu’une diminution du risque maternel.
  • Le coût faible du dépistage et de l’antibioprophylaxie.
  • L’utilisation d’un test de dépistage non traumatisant, fiable et peut coûteux : le prélèvement vaginal.

Le dépistage consiste à réaliser un prélèvement vaginal à l’écouvillon incluant absolument le balayage de la moitié inférieure du vagin. Le prélèvement est idéalement réalisé entre 34 et 38 semaines d’aménorrhée. Le dépistage est inutile en cas d’antécédent d’infection maternofoetale à streptocoque B ou de bactériurie à streptocoque B car dans ces cas l’antibioprophylaxie per-partum sera systématique.

Antibiothérapie préventive pendant le travail de l’infection materno-foetale à streptocoque B

Les indications de l’antibiothérapie préventive en per-partum sont :

  • Le diagnostic de portage de streptocoque B à distance ou non de l’accouchement
  • La présence d’une bactériurie à streptocoque B pendant la grossesse
  • Les antécédents d’infection maternofoetale à SGB
  • En l’absence de dépistage si accouchement prématuré, durée d’ouverture de l’œuf supérieure à 12 heures, fièvre maternelle

Les antibiotiques utilisés sont :

La Pénicilline  G ou l’amoxicilline IV. En cas d’allergie on privilégiera les céphalosporines malgré le risque d’allergie croisée
L’antibiothérapie doit être débutée précocement et poursuite jusqu’à l’accouchement Son efficacité est maximale à partir de la 2ème injection.

Risques de l’Antibiothérapie

    Pour la mère :

  • Risque de survenue de réactions allergiques potentiellement sévères :
  • Anaphylaxie mortelle : 1 / 100 000,
  • Réactions moins sévères : 0,7 à 10%
  • Émergence de bactéries à Gram négatif résistantes
    Pour le nouveau né:

  • Changement de l’épidémiologie des infections
  • Survenue plus tardive des signes d’infection.
  • Infections néonatales à bactéries résistantes
  • Diminution au cours des années des infections à streptocoque B et augmentation de celles dues à Escherichia Coli  (E. Coli résistant à l’ampicilline dans 69% des cas)

A propos du docteur Jonathan Ouahba

Le Docteur Jonathan OUAHBA est gynécologue – obstétricien, inscrit au conseil de l’ordre des médecins de la ville de paris (identifiant RPPS : 10001596955).

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mis à jour le 31/03/2012